Vocation au mariage : vocation naturelle Tout le monde est appelé à cette vocation même les prêtres et les sœurs et frères consacrées! Pourquoi? Parce que le mariage est une vocation naturelle. Elle fait partie intégrante de notre humanité. Et tout le monde à la même humanité. Dans la Genèse 1, 24 : « C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme et ils deviennent une seule chair. » En quelque sorte cette vocation, Dieu nous en a fait cadeau à notre conception. Donc il est normal que tout le monde ait envie de se marier et désire avoir des enfants. Je complète par un article paru dans Famille Chrétienne par le frère Thierry-Dominique Humbrecht : « s’il y a une vocation au mariage, il n’y a certainement pas d’appel. Il n’y a pas d’appel de Dieu, il y a celui de la nature, de son cœur, et surtout celui de la personne aimée et aimante, tout cela devant Dieu. » Vocation à la vie consacrée et au sacrement de l’Ordre pour les hommes : vocation surnaturelle Dans la continuité de la vocation au mariage je reprends cette article qui résume bien l’appel à la vocation de la vie consacrée et de l’Ordre : « Tout le monde a la vocation au mariage. Il se trouve pourtant que le Seigneur fait des prélèvements. Il picore ici et là, et se propose Lui-même à aimer. » Ici il y a bien un appel de Dieu qui se révèle à nous par l’intermédiaire de signes qui sont visibles à condition que notre cœur soit ouvert à ce possible appel de Dieu. Mais la réponse que nous pouvons faire à cet appel reste libre car pas d’amour sans liberté totale. Et c’est pour cette raison que cet appel peut nous sembler flou et jamais totalement clair et qu’il faut chercher et chercher avant de percevoir et de comprendre les signes que Dieu nous fait. Il se communique à nous dans le silence : dans 1 Rois 19, 11-13 : "Il lui fut dit: "Sors et tiens-toi dans la montagne devant Yahvé." Et voici que Yahvé passa. Il y eut un grand ouragan, si fort qu'il fendait les montagnes et brisait les rochers, en avant de Yahvé, mais Yahvé n'était pas dans l'ouragan; et après l'ouragan un tremblement de terre, mais Yahvé n'était pas dans le tremblement de terre; et après le tremblement de terre un feu, mais Yahvé n'était pas dans le feu; et après le feu, le bruit d'une brise légère. Dès qu'Élie l'entendit, il se voila le visage avec son manteau" Dans le silence, le Seigneur se révèle. Mais alors pourquoi est-ce si difficile de répondre à cet appel du Seigneur ? Pour plusieurs raisons : Même si nous sommes appelés par Dieu la vocation au mariage ne disparaît pas puisqu’elle est « inscrite dans nos gènes par Dieu Lui-même » Et on peut voir le problème qui se pose. Je re-cite l’article du frère : « De ce fait, Il introduit une concurrence. Cette concurrence est farouche ; à l’heure du choix, elle peut être douloureuse. Tout engagement comporte un renoncement. Cela et particulièrement vrai de tout jeune qui renonce de se marier pour se donner à Dieu qu’il ne peut enlacer ni même toucher. » Toute la difficulté et de choisir ce renoncement pour se donner totalement à Dieu. Nul doute que Dieu le voit et comble de Grâce cette personne qui se donne totalement et lui donne la force de l’Esprit Saint pour pouvoir vivre dans la paix et la joie son célibat donné au Christ. C’est d’autant plus vrai des femmes qui se donnent à Jésus. Jésus est leur époux et même si elles n’ont pas d’enfants, elles sont tout à fait fécondes ! Si c’est vrai que la fécondité commence par avoir des enfants elle se poursuit tout au long de la vie. N’oublions pas tous ces couples qui ne peuvent pas avoir d’enfants et qui sont pourtant si fécond ! Cette vocation est surnaturelle donc pas naturelle ! Et pour répondre et vivre cette vocation, il nous faut la Grâce de Dieu. De nous même, nous ne sommes pas capable de la vivre. Et souvent c’est ce qui nous pose des problèmes. Car nous pensons que répondre à cette vocation nous permet un épanouissement personnel. Je cite encore l’article : « La sainteté consiste t-elle à s’épanouir (fût-ce en Dieu, ou en une vie spirituelle), ou bien à exercer sa générosité, à se donner tout entier à la Grâce, par Grâce ? Se donner, c’est se dépenser, se fatiguer pour autrui, se perdre, se laisser crucifier par le Christ. La question de la vocation peut se formuler ainsi : « Seigneur, que veux-Tu faire de ma vie ? Comment veux-Tu me rendre saint ? De quelle façon veux-Tu me voir contribuer à la sainteté des autres ? » Ce qui peut être un frein à la découverte de notre vocation est le manque de lucidité vis-à-vis de notre misère. Trop souvent, par lâcheté, par paresse, par peur, par orgueil, nous mettons un voile sur notre misère. Je pense que pour suivre le Christ et ce quelque soit notre vocation, nous devons prendre conscience de notre misère. J’entends par misère, non une dépréciation de soi-même mais une vraie connaissance de notre pauvreté à la lumière du Christ. Dans Jn 15, 5 : « Moi, je suis la vigne ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. ». Cette phrase de l’Evangile résume notre condition: nous ne pouvons rien faire sans le Christ même pas un petit peu. Et je m’aperçois pour ma part que plus j’avance dans la vie spirituelle, plus je prends conscience de ma misère et je remarque que c’est justement ma misère que Jésus veut et non mes qualités. Mes qualités, c’est Lui qui me les donne pour que je puisse vivre de l’Evangile. L’acceptation et l’offrande de notre misère permet à Jésus de nous donner la Grâce de la confiance et la connaissance de notre vocation qui sera le moyen pour Lui d’exercer son amour sur chacun de nous. Finalement nous avons peur de l’avenir que nous ne contrôlons pas ou plus justement nous ne savons pas de quoi l’avenir est fait. Notre recherche du bonheur se cantonne trop souvent à nos sentiments (qui sont nécessaires mais qui ne sont pas un but à atteindre) qui nous jouent des tours. La recherche du vrai Bonheur passe par le Christ et c’est la Foi qu’Il nous donne qui nous permet de le connaître et de s’abandonner entièrement dans son Sacré Cœur. « N’ayez pas peur » nous avait dit Jean Paul II au moment de son élection. Philippe Laborie |